Les AVC ou accidents vasculaires cérébraux

Définition / Causes :
Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) correspondent à des phénomènes lésionnels au niveau du cerveau, d'origine vasculaire. Ils peuvent être en rapport, dans 75 % des cas, avec une occlusion d'un vaisseau entraînant une non-alimentation d'un territoire du cerveau (ischémie) ou une hémorragie (dans 25 % des cas). Ils sont responsables de plus de 100 000 morts par an en France. Dans les AVC ischémiques, on distingue aussi, les AVC ischémiques transitoires (AIT : déficit neurologique d'installation brutale et entièrement régressif en moins de 24 heures), des AVC ischémiques constitués (présents pendant plus de 24 heures).

Parmi les causes d'AVC ischémiques, on retient :

  • l'athérosclérose (70 % des cas),
  • les maladies qui favorisent la survenue de caillots (cardiopathies emboligènes) comme l'infarctus du myocarde, les maladies des valves cardiaques et la fibrillation auriculaire, la prise d'oestroprogestatifs,
  • les lésions des artères cervicales (dissection entre autre),
  • les inflammations siégeant au niveau de la paroi des artères (artérites inflammatoires ou infectieuses),
  • mais aussi : maladies hématologiques avec hyper viscosité du sang, la présence d'anticoagulants circulants, la prise de drogues, des migraines compliquées, spasme artériel après rupture d'anévrysme...

Parmi les causes d'AVC hémorragiques, on retient :

  • l'hypertension artérielle
  • les malformations vasculaires : anévrysmes
  • les tumeurs cérébrales qui saignent
  • les troubles de la coagulation
  • l’abus de drogues

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Signes en faveur de ce diagnostic

Accident ischémique :

Le tableau clinique de l’AIT, cécité monoculaire transitoire : perte transitoire de la vision d’un seul œil (possible simple baisse de la vision), une aphasie : impossibilité de parler, un déficit moteur : d’une baisse de la mobilité à une hémiplégie (paralysie complète de la moitié, gauche ou droite du corps) complète, troubles sensitifs d’un hémicorps : picotements, engourdissement, voire anesthésie d’un hémicorps, drop-attacks : chute sans trouble de la conscience par perte du tonus des membres inférieurs.

Au tableau de l’AVC constitué :

suivant le siège de la lésion, peuvent s’associer : une paralysie d’un côté du corps (hémiplégie), des troubles sensitifs, des troubles de la mémoire (aphasie), une confusion, un coma, une cécité (perte de la vision), des vertiges, des troubles d’équilibre, des troubles de la déglutition, des vomissements, des céphalées, des paralysies du nerf facial (voir sujet), des strabismes…

Pour les AVC hémorragiques :

le tableau clinique typique associe : déficit brutal et céphalées et vomissements, on peut donc retrouver:

  • un déficit moteur : hémiplégie avec déviation conjuguée de la tête et des yeux.
  • un déficit sensitif : anesthésie d’une moitié du corps (hémi-anesthésie).
  • une hypertonie ( augmentation du tonus du corps, jusqu’à la contracture).
  • des crises convulsives, une obnubilation, une confusion, des vertiges, des céphalées, des vomissements.

Diagnostic : Le diagnostic est d’abord clinique. L’examen des capacités motrices et de la sensibilité de tout le corps oriente vers le siège des lésions. La confirmation des lésions et leur siège sera obtenue grâce à la réalisation d’examens complémentaires.

Examens fréquemment réalisés

Bilan biologique :

  • numération formule sanguine, bilan lipidique (cholestérol, triglycéride), bilan de coagulation (TP, TCA), ionogramme sanguin,
  • chez un sujet jeune : recherche d’anomalie de la coagulation.

Imagerie :

  • scanner cérébral sans injection : recherche la lésion et évalue son étendue,
  • écho-doppler des vaisseaux du cou : recherche des plaques d’athérome,
  • échographie trans-thoracique ou trans-oesophagienne : recherche des caillots dans les cavités cardiaques, qui pourraient emboliser,
  • pourront se discuter aussi : IRM cérébrale, artériographie.
Principes du traitement

Principes du traitement préventif :

Arrêt des facteurs de risques :

  • arrêt de la consommation de tabac et prise de la pilule,
  • correction d’une anomalie lipidique associée,
  • prise en charge d’un AVC transitoire et correction de l’anomalie en cause (par ex : anticoagulant si fibrillation auriculaire).

Principes du traitement curatif…

Il peut associer :

  • traitement anti-coagulant ou arrêt suivant les cas (AVC ischémiques ou hémorragiques),
  • correction chirurgicale d’un anévrysme cérébral,
  • embolisation d’un anévrysme (consiste à boucher l’anévrysme en montant une sonde dans le cerveau),
  • endartèriectomie : correction d’une sténose des carotides,
  • kinésithérapie.
Evolution et pronostic

Pour l’ AIT : elle est favorable à court terme (c’est la définition), mais la survenue d’un AIT doit être un signal d’alarme qu’il convient de prendre en considération afin d’éviter un AVC constitué (dont la gravité est certaine) ou d’autres complications ischémiques (la première cause de mortalité de ces patients est l’infarctus du myocarde).

Pour l’AVC ischémique constitué : le décès survient dans 20 à 30 % des cas dans les 15 premiers jours et dans 50 % des cas dans les 5 ans qui suivent (par un nouvel AVC ou un infarctus du myocarde). Le pronostic à long terme est surtout lié aux séquelles qui subsistent après l’accident.

Pour l’AVC hémorragique : à court terme le pronostic vital est engagé (risque de décès) à cause de l’œdème cérébral, du risque d’engagement (compression des structures du cerveau commandant l’automatisme de la respiration, de la contraction cardiaque, de l’état de veille …au niveau du trou occipital : orifice par lequel le cerveau est en communication avec la moelle épinière), à long terme, ce sont les séquelles fonctionnelles qui dominent le tableau.

 

avc

 

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